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Conversation avec Jean-François Roberge (1/2)

«Je ne pense pas qu’être politicien c’est une carrière»

Affiché le lundi 20 octobre 2014 (LCP InfoMatin)

Le Courrier parlementaire© s’entretient régulièrement avec des députés. Récemment, nous avons rencontré Jean-François Roberge, député de Chambly. Cet enseignant de formation qui a déjà siègé au Conseil supérieur de l’éducation est chargé des dossiers de l’éducation au sein de sa formation politique, la Coalition avenir Québec. Un des cofondateurs de ce parti, il s’était déjà porté candidat en 2012. Mais c’est en avril 2014 qu’il a été élu pour la première fois.

 

LCP : Vous avez enseigné 17 ans. Pourquoi vous lancer en politique?

J.-F.R. : Je trouvais qu’on avait besoin de changement, qu’on tournait en rond de façon irresponsable. J’ai deux enfants, 8 ans et 11 ans. Je ne pouvais pas du tout comme père leur laisser le Québec tel qu’il est. Je trouve que c’est honteux comme héritage en ce moment.

 

LCP : Vous avez déjà été vice-président de l’exécutif du Parti Québécois de Vachon en 2007-2008.

J.-F.R. : J’ai quitté le Parti Québécois bien avant que la Coalition n’existe. Le Parti Québécois avait refusé de voter sur un budget. Au Parlement, les députés s’étaient absentés plutôt que de jouer leur rôle. Là je me suis dit : vraiment c’est plus un parti de principes et d’idées comme je l’avais imaginé, c’est un parti de politique comme quand on pense à la vieille politique.

 

LCP : Que veut dire faire la politique autrement?

J.-F.R. : Ça veut dire : dire la vérité. C’est simple comme ça. C’est d’abord décider des principes qui nous guident, les dire et agir en fonction de ce qu’on a dit. De ne pas se renier, de ne pas dire le contraire de ce qu’on pense pour plaire, de changer notre opinion en fonction des sondages; ça c’est la vieille politique. Le peuple s’est fait mentir tellement de fois que, quand quelqu’un dit la vérité, ils ont tendance à pas le croire. (Par exemple,) le Parti libéral a dénoncé les coupures dans les universités il y a à peu près 10 mois. On apprend aujourd’hui qu’il coupe dans les universités.

 

LCP : Comment envisagez-vous votre rôle de député?

J.-F.R. : Mon rôle c’est de critiquer, mais aussi de proposer et d’appuyer quand c’est correct. Pas juste de voter, mais de travailler à un projet de loi et d’amener quelque chose à terme au-delà des politiques partisanes. Je ne veux pas être un politicien de carrière. Je ne pense pas qu’être politicien c’est une carrière. Je ne veux pas être ici 25 ans.

 

C’est une bulle ici, on le constate. Au Parlement, les gens parlent de choses dont personne ne parle. Il faut faire attention, il faut se reconnecter, aller dans le comté et pas juste parler au président de la chambre de commerce puis au maire. De parler aux gens, c’est important. C’est pas eux qui sont déconnectés, c’est nous. Je pense qu’il y a un danger, si tu fais ce métier-là 15, 20, 30 ans, à un moment donné, tu vois les citoyens comme des clients, puis c’est pas des clients.

 

LCP : Justement, de quoi vous parlent vos commettants?

J.-F.R. : Ils aimeraient que les services aux citoyens soient traités à l’échelle humaine. De ne pas avoir l’impression d’être un numéro. Ils aimeraient être un client qu’on veut satisfaire. Ça serait une révolution parce qu’on n’est pas là. Les gens m’ont dit : on a l’impression que c’est nous qui sommes là pour eux, mais c’est le gouvernement qui est censé être là pour les citoyens. On s’est donné un gouvernement pour nous assister, mais des fois on a l’impression que le gouvernement voit les citoyens juste comme une source de financement. Il y a une autre chose qu’ils nous disent, c’est qu’ils n’en ont pas pour leur argent.

 

LCP : Comment envisagez-vous l’utilisation des médias sociaux?

J.-F.R. : Je pense que c’est le travail des gens qui sont ici de garder le contact avec le citoyen. Je ne vois pas ça comme une révolution. Avant il y a eu le télégraphe, après le téléphone, puis le courriel, maintenant il y a Twitter. De temps en temps, je vais leur donner des nouvelles sur ce qui se passe au Parlement et en éducation. Je passe beaucoup de temps à répondre aux gens et je ne trouve pas que c’est du temps perdu parce que je réponds vraiment à des questions.

 

LCP : Quels aspects du métier de député vous ont surpris?

J.-F.R. : (J’ai été) agréablement surpris sur l’ouverture d’esprit de tous les membres du Parlement avant et après la période de questions. De voir que les gens étaient capables de laisser tomber l’étiquette et de faire avancer les dossiers. J’ai pu collaborer avec Robert Poëti, ministre des Transports qui m’a aidé à régler un problème dans mon comté.

 

LCP : Vous avez participé à l’étude des crédits du ministère de l’Éducation.

J.-F.R. : J’ai aimé ça beaucoup plus que la période de questions du matin, parce qu’on a beaucoup plus de temps. Si le ministre ne répond pas, quand on a 20 minutes, on peut le relancer. Il ne peut pas éviter de répondre à une question. On peut beaucoup plus aller au fond des choses. On peut vraiment avoir un dialogue qui est plus constructif que critique.

 

LCP : Qu’aimeriez-vous accomplir comme député durant votre mandat?

J.-F.R. : Dans l’opposition c’est plus limité ce qu’on peut accomplir. Mais j’aimerais collaborer avec des membres d’autres partis pour faire adopter des mesures. C’est sûr que je vais dénoncer les choses que je ne trouve pas correctes, mais je cherche aussi les consensus. Je cherche à construire. On peut être critique et construire quelque chose.  

 

LCP : Vous êtes aussi auteur?

J.-F.R. : Je suis auteur et mon prochain roman va sortir en novembre. C’est de la littérature jeunesse. J’ai deux autres projets, mais je suis extrêmement occupé avec mon horaire de député. (Francis l’intrépide et Francis perdu dans les méandres, Éditions Pierre Tysseyre)

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