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Conversation avec le whip en chef de l'opposition officielle

«L'honnêteté et la loyauté ont toujours leur place dans le travail qu'on fait»

Affiché le mardi 28 octobre 2014 (LCP InfoMatin)

LCP: Quel est le travail de whip en chef de l’opposition officielle?

M.D.: C’est le même travail que le whip en chef du gouvernement sauf que ce n’est pas nous qui détenons le calendrier ou l’agenda des travaux parlementaire. Le rôle du whip a changé d’année en année. Avant, il rassemblait les troupes en vue d’un vote. Maintenant, c’est lui qui donne un coffre d’outils au député pour qu’il soit capable de bien faire son travail que ce soit au niveau du service de recherche, au niveau des locaux, de son bureau, du personnel. Faire en sorte que les députés soient bien dans le travail qu’ils font.

 

Alors que tu es whip en chef du gouvernement ou de l’opposition, c’est exactement la même chose comme rôle à jouer. C’est d’offrir la meilleure équipe à notre chef. Une équipe aguerrie qui est capable d’intervenir au moment jugé opportun et on fait le travail beaucoup en coalition avec le leader parlementaire. Le leader me demande la disponibilité des députés pour intervenir soit en commission parlementaire soit au Salon bleu. Alors, c’est un peu une complicité entre le bureau du leader et le bureau du whip.

 

LCP: Quelle est la différence entre le whip et le président du caucus ?

M.D.: Le rôle du président du caucus est de faire en sorte que le caucus se déroule bien avec les tours de parole. Il y a des caucus spéciaux quand, par exemple, des organismes nous le demandent: le Conseil du patronat, le Conseil de l’industrie forestière. C’est lui qui a le rôle de convoquer les caucus, d’attacher les ficelles, mais toujours en lien aussi avec le bureau du whip en chef.

 

LCP: Dans le cadre de la course au leadership au Parti Québécois comment voyez-vous votre rôle?

M.D.: C’est une question qui est pertinente et importante! Il y a une tradition de longue date que les officiers parlementaires ne se mêlent pas des courses au lesdership. Pourquoi? Celui qui vous parle va donner des libérations à ceux et celles qui vont se présenter pour faire le tour du Québec pour faire valoir leur point de vue. Alors on verrait mal qu’un officier se positionne quand on sait très bien qu’on a à autoriser à égalité l’ensemble de ceux et celles qui ont à se présenter.

 

Alors normalement, le chef intérimaire, le whip, le leader et le leader adjoint -moi je n’ai pas de whip adjoint parce qu’on n’a pas 40 députés- on ne se mêle pas de la course au leadership. On est là par intérim et on doit offrir la meilleure équipe au chef qui va mener nos troupes. Ceci étant dit, on est peut-être tous sur des sièges éjectables parce que ça ne veut pas dire que le nouveau chef va garder le leader et le whip qui sont en place.

 

LCP: Qu’est-ce qui était le plus difficile quand vous étiez whip du gouvernement de 2012 à 2104?

M.D.: C’est d’avoir eu un gouvernement minoritaire. C’est-à-dire que j’avais comme devoir de ne pas perdre de vote. Ça veut dire que je devais négocier avec les oppositions. Le plus bel exemple que je peux vous donner c’est la taxe santé et le premier budget. On a fait des contre-propositions sur la taxe santé pour la moduler. On a gagné le vote 49 à 42 parce que les oppositions n’étaient pas prêtes à nous renverser non plus.

 

C’était toujours difficile de gérer le quorum au Salon bleu et de gérer les commissions parlementaires aussi. J’ai trouvé ça extrêmement difficile. Quand ton gouvernement est majoritaire et que t’as une marge de manoeuvre, c’est moins pire un peu. C’est ce dont le leader du gouvernement, Stéphane Billette, dispose avec 70 députés. Mais à 54 députés, on tirait le diable par la queue.

 

LCP: Qu’est-ce que la circonscription électorale de René-Lévesque dont vous êtes le député?

M.D.: C’est l’ancienne circonscription de Saguenay qui a changé en 2003, lors de mon élection, parce qu’il y a eu les fusions municipales. (...) C’est une circonscription qui est la troisième plus grande au Québec après celles d’Ungava et de Duplessis. C’est de Tadoussac jusqu’à Baie-Trinité, 347 km de long, pour 16 municipalités incluant deux communautés autochtones: les Pessamit et les Betsiamites. C’est un territoire qui est extrêmement grand. Je rencontre mes maires en montant et en descendant de Québec. Je fais à peu près 35 000 km dans le comté, plus 35 000 km par années pour venir à Québec. Et je suis là depuis 2003, jusqu’à aujourd’hui c’est cinq élections en 11 ans. Faut le faire.

 

LCP: Vous n’avez pas de vie de famille?

M.D.: Pour un ou une jeune qui a des jeunes enfants, c’est dur de jouer le rôle de député à 100%. Tu ne peux pas être député à 50%. Moi j’arrive le lundi après-midi à Québec je repars le vendredi matin très tôt parce que je fais du bureau de circonscription le lundi et le vendredi. J’ai des activités de fin de semaine parce que le monde veut nous voir dans nos circonscriptions. Le monde veut voir et toucher au député. Et c’est un rôle en région qui prend toute son importance parce que les régions connaissent leurs députés nonobstant le fait qu’à Montréal, il y a des circonscriptions où les gens ne connaissent même pas le nom de leur député. Alors c’est ce qui fait la différence entre les régions et les grandes villes.

 

LCP: Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre travail ?

M.D.: Le sentiment d’avoir fait un bon travail. Quand une personne vient au bureau voir mon personnel de circonscription pour ce qu’on appelle les cas de comté et que la personne sort du bureau en disant: j’ai eu un bon service de mon député, ça fait un beau velours au coeur. Maintenant en 2014, jouer le rôle de député avec la Commission Charbonneau, avec l’éthique, avec tout ce qui se passe sur l’échiquier politique... Faut souhaiter bonne chance à ceux et celles qui se présentent comme politiciens.

 

LCP: Vous dites que vous rencontrez les maires de votre circonscription: de quoi parlez-vous avec eux?

M.D.: De leur développement dans leur communauté respective. Vous savez que les maires sont les politiciens les plus près de leur population. Et quand ils veulent faire avancer leur dossier des eaux usées, des eaux lourdes, quand le dossier n’avance pas assez vite au niveau des directions régionales: qui est-ce que vous pensez qu’ils viennent voir? Ils viennent voir leur député. Des fois, on a juste un téléphone à faire pour le faire mettre sur le dessus de la pile ou faire penser au fonctionnaire à Québec.

 

LCP: Dites-moi pourquoi je voterais pour quelqu’un quand je sais qu’il sera dans l’opposition?

M.D.: Parce qu’il fait un bon travail. Le plus bel exemple c’est celui qui est en train de vous parler. Ça fait douze ans que je suis en politique, cinq élections, et j’ai été 10 ans et demi dans l’opposition. Mais le monde va toujours voter pour l’individu. Ils ne vont pas voter nécessairement pour le fait d’être au gouvernement. En campagne électorale c’est la 34e journée que tu sais si tu vas être dans l’opposition ou au gouvernement. Le monde trouve que je fais un bon travail et on le voit par les résultats. Ce n’est pas pour me vanter. Un député qui est présent dans son comté qui fait bien son travail la population lui remet bien. Un député qui n’est pas présent dans son comté et que le monde ne voit pas, il ne sera pas longtemps député.

 

LCP: Qu’est-ce qui vous fait le plus suer?

M.D.: En vieillissant (...) c’est le voyagement. Je trouve ça difficile, cinq heures de route toutes les semaines. Ça veut dire 10 heures de route aller-retour toutes les semaines, dans une voiture, tout seul, je commence à trouver ça long. Le printemps dernier j’ai pris l’avion à plusieurs reprises parce que c’est à peu près 50 minutes d’avion.

 

LCP: Comment les changements technologiques vous ont-ils aidé ou affecté dans votre travail?

M.D.: Quand j’ai commencé, on avait les cellulaires et internet. Je ne suis pas sur Facebook ni sur Twitter. Sur les médias sociaux, ce que tu dis va rester longtemps. Tu n’as qu’à cliquer sur «Marjolain Dufour» sur Google et ça va tout sortir ce que j’ai dit depuis les 12 dernières années. Alors il faut faire attention à ce qu’on dit, à ce qu’on fait. Il faut se préserver une petite gêne de temps en temps. Mais j’ai très bien vécu les changements technologiques.

 

LCP: Qu’avez-vous à dire sur les problèmes qui affectent le Québec actuellement ?

M.D.: Le Québec a un budget d’à peu près 70 milliards $. Il y a une colonne des dépenses et une colonne de revenus. La seule chose que je trouve décevante, c’est qu’on a été le seul parti politique qui avait un cadre financier qui tenait la route lors de la dernière campagne électorale. Le monde est écoeuré de voir des promesses électorales qui ne sont pas tenues en mettant cela sur le dos des autres.

 

Nous, on a été capables de cibler les dépenses sauf qu’on n’a pas le contrôle sur les revenus. Alors si l’on dépense moins et que l’équilibre budgétaire n’est pas là, il est clair que tu vas aller chercher l’argent ailleurs. Sauf qu’il faut arrêter de faire des promesses en l’air. Le plus bel exemple vient de la dernière campagne électorale. Notre cadre financier c’était 300 millions $ de dépenses de plus, les libéraux cinq milliards $, Québec solidaire à 13 milliards $. Quand on sait très bien que l’argent ne pousse pas dans les arbres.

 

On est dans des situations budgétaires qui sont très difficiles. Puis il fallait être capable de le dire au monde puis on l’a dit au monde sauf qu’ils ont aimé mieux voter Parti libéral du Québec et voter un gouvernement majoritaire.

 

Puis, je vous donne l’exemple de la Côte-Nord où les ressources sont là. (...) Le prix du fer est descendu à 84 cents la tonne. Voilà à peu près deux, trois ans, il était à 1,80$. Alors vous voyez que c’est des crises qui sont mondiales. On n’a pas le contrôle sur tout. Mais les seuls éléments qu’on contrôle ce sont les éléments de dépense. Nous on avait des cibles de dépenses qu’on atteignait, mais on n’a pas le contrôle sur les revenus.

 

LCP: Vous être arrivé en politique par la filière syndicale. Qu’est-ce que vous gardez de cela aujourd’hui?

M.D.: (...) Je proviens du Syndicat national des employés de l’aluminium de Baie-Comeau qui était le plus gros syndicat au Québec: 2 200 travailleurs. J’ai appris au local. J’ai fait du régional. Maintenant je fais du national. Alors j’ai appris à parler avec le monde. J’ai appris à découvrir mon monde. J’ai appris à découvrir ma région. Maintenant, je la pilote assez bien. Je connais mes dossiers de A à Z. Le monde me connait très bien. Ils savent à qui ils ont affaire. Je n’ai aucune porte de fermée dans aucun ministère. Je fais avancer mes dossiers comme je peux les faire avancer d’une manière logique. Il y a un temps pour faire de la politique, c’est en élection. Puis quand l’élection est terminée que tu sois dans l’opposition ou au gouvernement, il faut que tu pilotes tes dossiers que tu les fasses avancer.  

 

LCP: Quel conseil donneriez-vous aux jeunes qui veulent faire de la politique ?

M.D.: Je leur dis d’avancer parce que ça nous prend de la relève. Et c’est le rôle du député de préparer sa relève pour son comté. (...) Ils n’ont pas la même raison que nous aujourd’hui au niveau des conditions de travail. Le plus bel exemple c’est qu’avant ça, on se battait parce qu’on avait tout à gagner, rien à perdre. Maintenant, les jeunes se battent pour avoir des congés de paternité, de maternité, des congés mobiles, des semaines de vacances de plus. Nous, avant, on se battait pour des cotisations, des REÉR et du salaire. Ce n’est plus la même chose aujourd’hui. Mais il faut que les jeunes soient capables de prendre la balle au bond (...). Le travail de député est un beau travail à faire, quand il est bien fait. Et l’honnêteté et la loyauté ont toujours leur place dans le travail qu’on fait.

 

LCP: On parle beaucoup de régimes de retraite aujourd’hui. Est-ce que les députés devraient donner l’exemple en changeant un peu leurs avantages comme les «primes de séparation», etc...?

M.D.: Les primes de séparation, on était d’accord (pour changer la formule) avec ça. Rappelez-vous, on avait déposé un projet de loi dont les oppositions ne voulaient rien savoir. Le régime de retraite faisait partie du rapport du comité Claire L’Heureux-Dubé, Bisson et Côté sur les conditions de travail des députés. Mais le régime de retraite fait partie du rapport incluant des avantages aux députés. En plus, c’est à coût nul. Le rapport n’était pas aussitôt sorti qu’il a été brûlé par un parti politique. Au Bureau de l’Assemblée nationale on y va par consensus, alors pas de consensus on n’avance pas. Mais à n’importe quel temps je suis capable d’en reparler.

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