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Conversation avec la députée Kathleen Weil (2/2)

Ses commettants sont préoccupés par les soins de fin de vie et la Charte de la laïcité

Affiché le vendredi 17 janvier 2014 (LCP InfoMidi)

Kathleen Weil, députée libérale de Notre-Dame-de-Grâce, discute avec Le Courrier parlementaire© d’immigration, du projet de charte de la laïcité et des soins de fin de vie. 

 

L.C.P.  Avant de vous retrouver dans l’opposition officielle, vous avez été ministre de la Justice, puis ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles.

K.W. : C’est deux ministères qui me ressemblent beaucoup dans mes valeurs. Je suis d’une grande famille de sept (enfants) et mes parents me disaient souvent que j’étais toujours celle qui devait absolument défendre ceux qui étaient sans voix si je voyais de l’injustice autour de moi. C’est un peu un trait de caractère de ma famille, parce que mes parents sont comme ça aussi. Moi-même j’ai vécu le statut minoritaire. J’étais anglophone dans une école française.

 

J’ai toujours, de par ma famille, été attirée par la diversité. Au Québec, on parle d’immigration comme si on venait d’inventer ça, mais c’est une société d’immigration et le Canada c’est une société d’immigration. Mes parents étaient des grands défenseurs de l’immigration.

 

L.C.P. : Votre père a quitté les États-Unis dans les années 30 pour s’établir ici. En matière de tolérance, comment se compare-t-on à nos voisins du Sud?

K.W. : Quand on fait des sondages d’opinion publique, les Québécois ont toujours une réputation d’être ouverts. Par exemple, ils sont pour la lutte contre l’homophobie. Mais là, je ne sais pas. Honnêtement avec le débat qu’on a, ce qu’on voit, les commentaires que je reçois des gens dans mon comté qui sont inquiets. Est-ce que c’est parce que les voix qui sont plus inquiètes par rapport à la diversité, par rapport à perdre notre identité crient plus fort? C’est peut-être ça.

 

Je pense que c’est un discours politique, mais je ne pense pas que ça représente les Québécois généralement. Mais vous savez maintenant dans toutes les sociétés, on pourrait enflammer le débat facilement dès qu’on remet en question l’identité. On l’a vu en France, on le voit en Europe. C’est très discordant avec le discours nord-américain.

 

Quand on va aux États-Unis on est toujours frappé par la diversité qui existe là et au Canada et à quel point les gens vivent ça tout à fait normalement. Ils ne se posent pas non plus trop de questions sur d’où vous venez? C’est quoi votre religion? Vous voulez contribuer? formidable! C’est vu comme un peu indécent, honnêtement de miser sur les origines de quelqu’un de façon exagérée. La curiosité c’est très bien, mais pas dans le sens d’y voir une menace. Jusqu’à présent le Québec était comme ça aussi.

 

L.C.P. : En ce moment, vous préparez-vous pour les prochaines élections générales?

K.W. : On le fait constamment comme député. On fait des rencontres, on reçoit les gens. Actuellement, il y a deux grands dossiers : mourir dans la dignité et la charte qui causent beaucoup  d’inquiétudes dans le comté. C’est un comté libéral  et ils ont toujours cette inquiétude d’un gouvernement péquiste, souverainiste. Il y a beaucoup de gens d’affaires, de professionnels et ils sont inquiets par ce qu’ils voient sur le terrain. Des gens qui parlent d’investissements qui ne viennent pas, de l’impact de ce discours à moyen et long terme sur l’économie de Montréal.

 

L.C.P. : En octobre dernier, vous avez voté contre le principe du P.L. 52 concernant les soins de fin de vie.

K.W. : Mon père était médecin. Mes parents travaillaient à l’Hôpital Royal Victoria lorsque le docteur Balfour Mount a commencé ses recherches et a ouvert le premier centre de soins palliatifs. Mon père était interniste, mais il touchait aussi aux soins des personnes âgées, donc il accompagnait beaucoup de personnes en fin de vie. Cette nouvelle spécialité en médecine était dans ses premiers balbutiements.

 

Mes parents trouvaient ça fascinant et prometteur et on en parlait. Même à l’époque, dans les années 70, on parlait d’euthanasie. C’est pas nouveau comme débat. C’était vu comme une voie d’avenir importante. J’ai eu à accompagner ma mère aussi quand j’étais étudiante en droit. Elle avait le cancer des os - très, très pénible. Elle voulait mourir à la maison. Donc j’ai vu, j’ai vécu tout ça. C’est sûr qu’on puise dans nos expériences.

 

Il y a aussi le fait qu’on est député et qu’on représente des gens de notre comté. Des gens sont très inquiets. Beaucoup de médecins, autant les pédiatres que les médecins dans le domaine palliatif. Leur message c’est qu’il faut continuer à développer les soins palliatifs. Ce n’est pas vrai que tout le monde a accès aux soins palliatifs. Les gens de mon comté disent qu’on met la charrue devant les bœufs. Je continue d’être sensible à ces très peu de cas où ça semble être impossible de soulager la douleur. J’écoute et je vais continuer à écouter. Ce n’est pas un dossier qui d’une manière ou d’une autre sera clos.

 

L.C.P. : Le gouvernement Charest, majoritaire, n’a pas fait adopter le P.L. 94 sur les accommodements dans l’administration gouvernementale que vous pilotiez. Pourquoi?

K.W. : Il y avait un blocage systématique. Je ne connais pas de loi touchant la Charte des droits et libertés de façon si fondamentale qui a été adoptée par bâillon. Tout ce qui est acceptable dans le projet de loi Drainville, on l’avait proposé : reconnaissance de la neutralité religieuse de l’État, aucun accommodement qui allait brimer l’égalité homme-femme ne pouvait être accordé…

 

Il n’y avait aucune volonté du Parti Québécois. Ils voulaient la laïcité pure et dure. Et pourtant, la Commission des droits de la personne était contre la laïcité pure et dure, le Barreau était contre, tous les juristes étaient contre. Notre projet de loi était basé, non pas sur des opinions qui venaient de l’extérieur, mais sur les avis que j’avais du ministère de la Justice. Il n’y a aucune étude actuelle pour supporter le projet de loi devant nous.  

 

L.C.P. : Certains reprochent au gouvernement Charest d’avoir tabletté le rapport Bouchard-Taylor.

Il y a à peu près 90 % du rapport Bouchard-Taylor qu’on a implanté. On a notamment créé un service-conseil (en matière d’accommodement raisonnable) à la Commission des droits de la personne qui a beaucoup aidé. Premièrement, il n’y avait pas beaucoup de cas. C’était vraiment les médias qui en faisaient un plat et l’opposition à l’époque. Ce service-conseil est vraiment salué. L’employeur se sent sécurisé dans sa décision.

 

L.C.P. : La ministre de l’Immigration, Diane De Courcy, a annoncé en octobre une baisse des seuils d’immigration à partir de cette année. Entre 49 500 et 52 500 personnes devraient être admises.

K.W. : Elle suit notre plan et c’est moi qui avais fait la consultation. On a une tradition vraiment intéressante au Québec : on fait une consultation sur les volumes d’immigration et le type d’immigration qu’on souhaiterait. C’est sûr que le milieu économique verrait toujours des volumes plus élevés. Les organismes communautaires sont peut-être un peu plus prudents. Alors, on a ciblé un peu en deçà de 50 000. Donc, elle reste vraiment avec ce que nous on avait prévu, mais accompagné un discours inquiétant.

 

L.C.P. : Pourquoi inquiétant?

K.W. : Parce qu’elle ne peut pas se détacher du discours du gouvernement sur la charte qui remet en question l’immigration, surtout magrébine, les musulmans.

 

L.C.P. : «Elle est très diversifiée, actuellement, l’immigration au Québec», avait indiqué la ministre De Courcy. «C’est diversifié, et ça doit le demeurer.»

K.W. : Diversifiée, sauf qu’actuellement la communauté magrébine se sent très ciblée. Et les gens s’en prennent à l’immigration et il y a vraiment cette inquiétude qu’il n’y a pas de voix qui défend l’immigration, sauf le milieu économique actuellement. On a une immigration basée sur la sélection. Ce sont des jeunes qui sont qualifiés, scolarisés.

 

J’ai fait beaucoup de travail d’intégration avec les ordres professionnels. On a signé des ententes pour faire en sorte de reconnaître non seulement leurs diplômes, mais aussi leurs compétences, leurs expériences. On a créé le Commissaire aux plaintes (en matière de reconnaissance des compétences professionnelles).

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