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Logiciel libre : une innovation organisationnelle (2/3)

Réduction des coûts, travail collaboratif, maîtrise du système

Affiché le jeudi 8 mai 2014 (LCP InfoMatin)

Une plus grande utilisation du logiciel libre dans l’administration publique pourrait permettre à l’État de réaliser des économies, soutiennent trois interlocuteurs, rejoints par Le Courrier parlementaire©. Au-delà de l’aspect financier, il y a, selon eux, d’autres bonnes raisons de faire plus de place à ce type de logiciel en cette ère de l’information.

 

Dans une étude publiée en 2013, Stéphane Couture, chercheur postdoctoral à l’Université McGill et chercheur associé à l’IRIS, mentionnait une possible «réduction de coûts de 30 % à 70 % grâce à l’adoption des logiciels libres». Avec ces technologies, un projet informatique «peut coûter dix fois moins cher», soutient, de son côté, Cyrille Béraud, président de l’Association professionnelle des entreprises en logiciels libres.

 

«Le logiciel libre, c’est ce qui permet de mettre en place la concurrence», avance M. Béraud, qui est aussi le président de Savoir-faire Linux. Les logiciels propriétaires créent des «monopoles» et «ça empêche la compétition». D’ailleurs, «une fois que vous avez choisi une technologie propriétaire, c’est toujours plus facile d’utiliser le même fournisseur».

 

Depuis avril dernier, Microsoft n’offre plus de support pour Windows XP, ce qui engendre la migration vers une nouvelle version de Windows, avec les coûts associés. Avec le logiciel libre, il n’y a pas «de coûts de transition périodiques aussi élevés que ça», illustre Daniel Pascot, professeur à l’Université Laval. À long terme, le «logiciel libre devient gagnant», à son avis. Il permet de mieux contrôler les coûts, explique-t-il.

 

Manière de travailler

Mais, «l’avantage des coûts n’explique pas le moyen», croit M. Pascot. «Pour bien tirer parti du logiciel libre, il ne faut pas travailler de la même manière qu’avec du logiciel propriétaire». Le logiciel libre, «un bien commun», «réclame une démarche collaborative». Or, «la structure gouvernementale est complètement basée et rigidifiée sur une démarche contractuelle», note celui qui milite en faveur du logiciel libre depuis longtemps.

 

Le «logiciel libre, c’est avant tout une innovation organisationnelle, ça permet de travailler différemment et plus efficacement, ce n’est pas seulement une affaire technologique», avance aussi M. Béraud. Il ne s’agit pas seulement de remplacer un fournisseur par un autre, ajoute-t-il. «Actuellement, tous les ministères travaillent en silos. Un grand avantage du logiciel libre, c’est qu’on peut mutualiser les ressources logicielles, humaines, matérielles. Donc, il faut déjà avoir des organisations qui sont prêtes à collaborer», poursuit M. Béraud.

 

Maîtrise du système

L’utilisation de logiciels libres «peut favoriser des mécanismes de mutualisation et d’entraide au gouvernement», soutient également M. Couture. Il y a aussi la question de la «souveraineté numérique» de l’État. Le recours au logiciel libre permet d’être moins dépendants des grandes entreprises informatiques, explique-t-il. L’idée c’est «d’être maîtres de nos infrastructures informatiques ou de notre information».

 

Avec le logiciel libre, «on maîtrise son système d’information» et on peut les «adapter continuellement» à nos besoins, avance aussi M. Béraud. Cela permet à «l’État québécois de se moderniser». Il regrette que «la mémoire de l’État» soit «stockée sur des documents propriétaires sous licence», alors qu’il est possible de faire «la même chose» en utilisant des formats libres.

 

Les données numériques sont «en otage du logiciel», lequel dépend de son auteur, signale M. Pascot. Dans le cas des logiciels propriétaires, on n’a pas accès au code source; c’est l’inverse pour les logiciels libres. Ces derniers constituent une manière de s’offrir «une indépendance sur le plan numérique», croit le professeur.

 

Le cas de SAGIR

Le projet Solutions d’affaires en gestion intégrée des ressources (SAGIR), un «échec, technologiquement parlant», est un bon exemple de la perte de contrôle de l’État sur les projets informatiques, selon M. Béraud. Non seulement il pourrait coûter «près d’un milliard $», selon le Journal de Montréal, mais encore, le projet «devra en grande partie revenir à la case de départ», rapportait récemment ce média.

 

Après y avoir investi plus de 400 millions $, le gouvernement avait mis au rancard le projet Gestion intégrée des ressources, en 2003. Son successeur, le projet SAGIR, approuvé en 2005, devait coûter 577 millions $. Dans son rapport 2010-2011, le Vérificateur général évoquait les risques que «l’échéancier et les coûts» reliés à ce projet visant à «moderniser les systèmes de gestion des ressources humaines, financières et matérielles de l’Administration» ne soient «pas respectés».

 

Étant donné qu’il faudra en bonne partie «recommencer à zéro», M. Béraud suggère au gouvernement de lancer «un grand projet national au Québec pour bâtir un système de gestion intégré en logiciel libre». Les technologies sont matures et «l’industrie du logiciel libre au Québec est prête», assure-t-il. Les acquis réalisés via SAGIR pourraient être récupérés via ce «grand projet mobilisateur» et des «dizaines d’entreprises» pourraient y participer. (Le dernier volet de cette série sera publié demain dans InfoMatin).

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