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Logiciel libre : systématiquement écarté des choix (3/3)

Il ne faut pas «faire du logiciel libre une religion ou une idéologie»

Affiché le vendredi 9 mai 2014 (LCP InfoMatin)

Plusieurs freins à l’utilisation du logiciel libre au sein de l’appareil gouvernemental existent toujours, malgré des mesures prises pour promouvoir son utilisation. C’est ce qu’on fait valoir plusieurs interlocuteurs contactés par Le Courrier parlementaire©. Ils proposent aussi des solutions pour favoriser la percée du logiciel libre dans l’État.

 

«Techniquement, c’est faisable», assure Daniel Pascot, professeur à l’Université Laval et militant du logiciel libre. Plusieurs exemples existent d’ailleurs dans d’autres administrations publiques. Le Brésil a aussi opté pour la voie du logiciel libre depuis plusieurs années. En France, il est présent, entre autres, au ministère des Finances ou à la Gendarmerie. En début d’année, le Royaume-Uni a décidé de se tourner vers les standards ouverts pour de défaire de la dépendance envers quelques fournisseurs et pour réaliser des économies.

 

Politique-cadre

La Politique-cadre sur la gouvernance et la gestion des ressources informationnelles demande aux organismes publics de considérer les logiciels au même titre que les autres logiciels. Un  énoncé «plus vigoureux» ne déplairait pas à Stéphane Couture, chercheur postdoctoral à l’Université McGill et chercheur associé à l’IRIS.

 

«Quand il manque de volonté politique ou qu’elle n’est pas encore très forte, c’est difficile de changer» les façons de faire. Actuellement, «il y a tout un écosystème qui est bâti sur les logiciels propriétaires, ce qu’il fait qu’il y a beaucoup de dépendance envers» ceux-ci. «C’est quand même assez complexe de changer ça d’un point de vue administratif ou informatique.» Le chercheur croit aussi qu’il existe une «pression de Microsoft pour garder leur place».

 

Un exemple concret

Dans une note publiée l’an dernier, il constatait «qu’à l’exception de quelques projets de moindre envergure, les logiciels libres sont en pratique systématiquement écartés des choix technologiques». Un exemple récent relevé est l’adoption d’un décret, en mars 2013, permettant au gouvernement de conclure un contrat de gré à gré pour la mise à jour de ses postes informatiques.

 

Le décret en question mentionne que les postes de travail sont «majoritairement dotés des systèmes d’exploitation Windows XP et de la suite bureautique Office 2003 de Microsoft» et qu’en avril 2014, l’entreprise cessera d’offrir du soutien pour ces produits. Les coûts de remplacement par «un système d’exploitation et une suite bureautique en logiciel libre sont évalués de deux à cinq fois les coûts de mise à niveau vers le système d’exploitation Windows (versions 7 et 8) et la suite bureautique Office (versions 2010 et 2013)», peut-on lire dans ce décret.

 

Expertise et formats libres

Pour Cyrille Béraud, président à la fois de l’Association professionnelle des entreprises en logiciels libres et de Savoir-faire Linux, L’idée d’avoir une politique-cadre un peu plus coercitive n’est pas mauvaise. Toutefois, les ressources humaines et l’expertise en matière de logiciel libre doivent être au rendez-vous, le cas échéant. Il ne s’agit pas «d’embaucher des milliers de fonctionnaires», mais «d’avoir une équipe de 100 à 200 personnes de haut niveau qui sont capables d’avoir une vision du système d’information de l’État d’un point de vue global».

 

Selon lui, «la modernisation de l’État» et sortir de «l’impasse dans lequel le gouvernement est vis-à-vis ses projets informatiques qui passera nécessairement par une politique d’utilisation du logiciel libre». Cela dit, «il y a des situations où des logiciels propriétaires, c’est probablement la solution la plus adaptée». Le «cas par cas» reste de mise. Il ne faut pas «faire du logiciel libre une religion ou une idéologie».

 

S’il fallait imposer quelque chose, ce serait les «formats libres», suggère plutôt M. Pascot. Il faudrait avoir «un format de document qui soit indépendant des logiciels», explique-t-il. Dans un autre ordre d’idées, le Centre d’expertise en logiciel libre, qui relève du Centre de services partagés, devrait être plutôt rattaché au Conseil du trésor ou au Dirigeant principal de l’information, suggère M. Pascot. La petite unité aurait ainsi «les mains libres» et plus de moyens d’action, croit-il.


Obstacles bureaucratiques

M. Béraud et M. Pascot sont tous deux d’avis que les freins à la progression du logiciel libre dans l’État ne se situent pas au niveau politique, mais qu’ils émanent plutôt de la structure bureaucratique de l’État et de la haute fonction publique. «La prise de conscience politique est établie et il y a une volonté de le faire», soutient M. Pascot. Et sur le terrain, il y a des gens «compréhensifs» et «motivés».

 

Or, «la structure du gouvernement ne favorise pas la mise en commun», qui est caractéristique des logiciels libres, «et on a une couche administrative qui est figée» et qui «résiste» au changement. Le professeur dénote une «rigidité dans la façon de faire», qui est «coûteuse» et qui «nous empêche d’évoluer».

 

Il y a une «fracture générationnelle vis-à-vis de l’informatique», observe M. Béraud. «C’est certain que la génération de fonctionnaires qui est actuellement en poste et qui est en fin de carrière est habituée à un certain modèle, il est confortable avec, il sait comment fonctionner avec», soit le modèle des logiciels propriétaires. Le logiciel libre ainsi est perçu comme «une menace et pas comme une opportunité», poursuit-il. Les fonctionnaires ont aussi pris habitude de faire appel à des grandes firmes internationales ou à une poignée de firmes québécoises pour leurs projets informatiques, soutient M. Béraud. «L’État a perdu le contrôle de son système d’information parce qu’il l’a sous-traité», lance-t-il.

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