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Conversation avec Jean-François Roberge (2/2)

«Est-ce que l’école est assez valorisée? Absolument pas»

Affiché le mardi 21 octobre 2014 (LCP InfoMatin)

Ayant enseigné 17 ans au primaire, le député Jean-François Roberge est maintenant est chargé des dossiers de l’éducation au sein de la Coalition avenir Québec. Récemment, il a exprimé des craintes relativement au réseau. «Quand je vous dis qu’on a 25 % de décrocheurs et qu’on coupe dans nos services d’aide à la réussite, je vous dirais qu’on navigue vers l’iceberg. Je ne vous dirai pas que le Titanic est en train de couler en ce moment, là, mais il est temps de donner un coup de barre.» Le Courrier parlementaire© a discuté d’éducation et d’innovation avec M. Roberge.

 

LCP : Quelles sont les priorités de la CAQ en éducation?

J.-F.R. : Il faut rehausser la qualité de nos services. Il faut rehausser notre niveau d’exigence pour les élèves. J’ai enseigné 17 ans. On est moins exigeant qu’on l’était, à certains égards. Il faut que nos diplômes vaillent quelque chose dans un milieu mondialisé. Lutter contre le décrochage, c’est une priorité. Mais le piège, ça serait de donner des diplômes à rabais et j’ai peur de ça. En ce moment, il y a des gens qui ne finissent pas en secondaire 5, on les admet au cégep. Si tu ne réussis pas ton cégep, on va t’admettre à l’université. Et là, les universités doivent faire des cours de rattrapage.

 

LCP : Quel est le «remède» selon vous?

J.-F.R. : Le remède, selon moi, c’est de décentraliser la prise de décisions dans les écoles. Les gens qui devraient améliorer le système et prendre les décisions, c’est vraiment les enseignants, mais on leur a refusé ce droit-là  parce qu’on les traite comme des techniciens en éducation. Je pense que ça prend un ordre professionnel des enseignants.

 

LCP : Vous parlez de décentralisation, mais la CAQ veut abolir les commissions scolaires.

J.-F.R. : On veut remplacer les commissions scolaires par des centres de service régionaux. On veut garder un palier entre le ministère et les écoles, mais beaucoup plus léger : un centre de service aux écoles. Ce n’est plus les écoles qui sont au service de la commission scolaire. Le trio parents-profs-direction de l’école doit décider des moyens. Le ministère fait un programme, un curriculum. Ce qu’il fait en ce moment, il peut continuer de le faire.

 

LCP : Comme société, valorise-t-on suffisamment l’éducation?

J.-F.R. : On en parle beaucoup, mais c’est pour l’image, on n’accorde pas une réelle importance à l’éducation. Ce ne sont pas que les parents, c’est en général. L’école, comme dans le cas de l’environnement, tout le monde dit que c’est important, mais on vend beaucoup de VUS pareil. On dit que l’école c’est important, mais depuis trois semaines, qu’est-ce qu’on lit dans les médias : faudrait peut-être enlever les devoirs parce que c’est forçant. D’après moi ça relève d’une autonomie professionnelle. Est-ce que l’école est assez valorisée? Absolument pas.

 

LCP : Quelles suites faudrait-il  donner au Sommet sur enseignement supérieur?

J.-F.R. : Il faut revoir la formule du financement des universités, ça presse. Il faut réaménager l’aide financière aux étudiants aussi qui sont beaucoup trop endettés.

 

LCP : Les jeunes sont-ils désintéressés de la politique?

J.-F.R. : Je ne pense pas que la jeunesse se fout de la politique, je pense que la politique ne s’est pas préoccupée de la jeunesse assez. Je pense que démographiquement, l’électeur cible a 45-65 ans. C’est là qu’il y a la masse critique d’électeurs. Je ne pense pas que les jeunes ne s’intéressent pas, ils sont très ouverts. Ils s’informent autrement. Blâmer les jeunes là…va les rejoindre! Ils sont allumés, ils sont brillants, ils sont plus instruits que je l’étais, que mes parents l’étaient.

 

LCP : Comment expliqueriez-vous le Projet Saint-Laurent à vos anciens élèves? 

J.-F.R. : Le projet Saint-Laurent, c’est qu’on va bâtir des nouveaux quartiers qui vont être proches de ton emploi. Puis ton emploi, ça ne sera pas comme ton père puis ta mère qui travaillaient dans une usine, supposons, pour fabriquer des meubles. Tu vas travailler en équipe et ton emploi ça va être d’avoir des idées. On appelle ça de l’innovation. Tu vas pouvoir t’en aller chez toi à pied ou à vélo. Puis, si tu as des cours du soir à l’université, il va y avoir un campus universitaire.

 

LCP : Expliquez-nous maintenant les avantages, selon vous, de ce projet phare de la CAQ?

J.-F.R. : L’avantage, c’est une synergie entre l’université, le marché de l’emploi et la modernité. Il y a des usines manufacturières qui ferment, 500-600 emplois d’un coup. Chaque fois c’est triste, mais c’est comme quand on remise un train à vapeur. L’idée, c’est pas d’améliorer le train à vapeur, c’est fini le train à vapeur. Il faut créer d’autres choses. Le Projet Saint-Laurent c’est de créer des zones d’innovations sur le bord du Saint-Laurent. Et une zone d’innovation c’est : université-maison-travail reliés ensemble.

 

LCP : Avez-vous lu le livre de François Legault? Qu’est-ce qui vous a marqué?

J.-F.R. : Oui. Je l’ai lu juste avant la campagne. Crime qu’il est temps qu’on se réveille parce qu’avec le projet Saint-Laurent, on n’est pas révolutionnaire. Il y a plein de villes qui le font. C’est même pas d’être révolutionnaire, c’est juste d’être moderne. Ça marche partout ailleurs et quand on décide qu’on veut le faire ici, c’est comme si on était des extraterrestres, qu’on essayait de vendre du rêve. C’est pas du rêve, c’est même plus neuf ailleurs, c’est la façon de faire. Je nous trouve en retard, vraiment en retard. Ils s’obstinent à faire fonctionner le train à vapeur et ils disent qu’est-ce qu’on va faire quand on n’aura plus de charbon?

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