Alerte décrets

Demande d'inscription

Si votre organisme, entreprise, ministère etc. est déjà  un abonné aux services du Courrier parlementaire©, vous pouvez vous inscrire pour recevoir par courriel nos éditions quotidiennes. Vous devez cependant entrer l'adresse courriel attribuée par votre organisation.

Se désinscrire

Pour un essai gratuit de quelques jours, veuillez nous faire parvenir un courriel.

Pour plus d'informations, veuillez nous rejoindre par téléphone au 418 640-4211 ou par courriel.

Envoyer mot de passe

Veuillez indiquer votre adresse courriel qui est liée à  votre compte. Si elle correspond à  un utilisateur, nous vous enverrons un courriel afin que vous puissez récupérer votre mot de passe.

Mon profil

Vous pouvez modifier les paramètre de votre compte.

Conversation avec la députée Kathleen Weil (1/2)

«L’opposition, c’est une excellente école de formation»

Affiché le jeudi 16 janvier 2014 (LCP InfoMidi)

Le Courrier parlementaire© s’est entretenu avec la députée libérale de Notre-Dame-de-Grâce, Kathleen Weil.

 

L.C.P. : Vous avez été nommée ministre de la Justice dès votre première élection en décembre 2008. Avec le recul et votre expérience dans l’opposition, que feriez-vous différemment?

K.W. : Il n’y a rien que j’aurais nécessairement fait différemment. L’opposition, c’est une excellente école de formation. Je l’avais toujours entendu et là je le comprends. C’est très intéressant parce qu’on touche à tout, on a une grande liberté d’expression et on peut se prononcer sur beaucoup d’enjeux. Il faut dire que quand on est ministre, on a vraiment un dossier particulier et donc qu’on soit au caucus ou au Conseil des ministres, les gens comptent sur nous pour donner notre point de vue  en la matière qui touche notre ministère.

 

L.C.P : Le 30 octobre dernier, vous avez présenté le P.L. 496 visant à prévenir et à réduire les conséquences reliées à un traumatisme crânien ou à une commotion cérébrale chez un élève pratiquant une activité sportive scolaire. Un projet de loi de l’opposition n’est pas souvent appelé par le gouvernement…

K.W. : Non, c’est très, très rare. Il est déposé, le travail a été fait. Là, il est question de voir si ce gouvernement serait intéressé à faire en sorte qu’on puisse l’étudier. Ou (sinon) nous, éventuellement, quand on reviendra au gouvernement. J’ai dû expliquer au jeune qu’un jour, on aura une loi pour mieux protéger la santé des jeunes qui subissent une commotion cérébrale.

 

L.C.P : Pouvez-vous nous expliquer la démarche qui a mené au dépôt du P.L. 496?

K.W. : Il y a un jeune (Matthew Schryver) qui est rentré dans mon bureau. Il m’a expliqué ce qu’il a vécu comme jeune athlète : une commotion cérébrale. À l’époque, il ne savait pas trop le sérieux de ça. Dans les jours qui ont suivi, il a eu beaucoup de problèmes à l’école et l’infirmière l’a référé voir un médecin. Sa situation s’est aggravée et finalement il a manqué son troisième trimestre d’école.


Quand il est venu me voir, il m’a présenté au docteur Scott Delaney, qui est un grand expert. Il m’a dit que ça prend une loi au Québec. (Aux États-Unis), 49 États sur 50 ont adopté des lois pour contrer les impacts néfastes des commotions cérébrales. Il n’y a personne qui en a adopté au Canada. Il y a eu deux gouvernements qui ont présenté un projet de loi, mais il y a eu des élections avant leur adoption (Ontario et Colombie-Britannique).

 

Je suis mère de quatre. Ils ont toujours joué du sport. J’ai été très sensible. On a agi rapidement. On a produit un projet de loi. Il y a trois éléments : un programme d’éducation, sensibilisation pour les parents, entraîneurs sportifs, professeurs d’école, bénévoles, pour que tout le monde comprenne quels sont les symptômes et quelles sont les conséquences néfastes potentielles. Dès qu’on soupçonne que l’étudiant-sportif a vécu une commotion, on le retire du jeu. Et il n’y a pas de retour au jeu tant qu’il n’a pas de certificat médical.

 

L.C.P. : Vous représentez un comté généralement sûr pour votre parti. Comment faire sortir le vote lors des élections?

K.W. : Le taux de participation nous préoccupe beaucoup. On a vu en 2008 un taux de participation très anémique et beaucoup dans les comtés anglophones. Le sentiment qu’ils étaient pris pour acquis était très fort, il faut faire attention à ça. Je fais beaucoup d’efforts pour faire du «reaching out» auprès de la communauté pour leur dire qu’on a vraiment besoin de leur participation, leur vote est important.

 

Le taux de participation était beaucoup plus élevé aux dernières élections. On sentait la charte, la remise en question de l’immigration, de la diversité. C’est un comté avec beaucoup de diversité et les gens se côtoient de façon formidable. Les gens étaient très motivés. Ils le seront aussi aux prochaines élections.

 

L.C.P. : Vous êtes issue de la communauté anglophone…

K.W. :…Mais élevée dans le système français. J’ai plusieurs cultures en moi en un sens. Un père américain, mais qui a adopté le Canada et qui a été dans les Forces armées canadiennes comme médecin. Une mère anglophone, mais très francophile. À l’époque où les anglophones n’allaient pas à l’école française, elle voulait absolument que tout le monde soit bilingue, donc tout le monde est allé à l’école française.

 

L.C.P. : Au Québec, il ne semble pas y avoir beaucoup de personnes anglophones dans les hautes sphères du pouvoir. Pourquoi?

K.W : Vous savez, c’est un problème presque chronique. Divers gouvernements ont essayé de s’attaquer à ce problème-là. Les anglophones maîtrisent le français, donc il n’y a aucune raison qu’on ne pourrait pas les attirer dans la fonction publique. C’est difficile de répondre. Je pense que ça va dans les deux sens : pas assez d’efforts pour les attirer et les anglophones ne sont pas nécessairement attirés par la fonction publique. Ils ont plus tendance peut-être à aller dans la fonction publique fédérale. Mais je pense qu’il faudrait commencer plus jeune. Quand je vois les stagiaires ici (à l’Assemblée nationale), beaucoup viennent de la Ville de Québec, de l’Université Laval. Ça serait intéressant d’avoir des stagiaires des universités anglophones.

 

L.C.P. : Vous avez, entre autres, été à la tête de la Fondation du Grand Montréal pendant près d’une décennie avant d’entrer en politique. Vous a-t-on approché pour être candidate?

K.W. : Premièrement en 1998 et ensuite en 2003. J’ai quatre enfants. La plus jeune avait trois ans la première fois qu’on m’a demandée. C’était John Parisella à l’époque. J’ai dit : écoute, ma petite a trois ans, alors je ne peux pas. Mon mari voyageait constamment. Donc ça prenait un parent à la maison. Ils m’ont demandé en 2007. Ma fille avait onze ans. Elle m’a dit : non maman, je ne suis pas prête. Et j’ai dit OK. La dernière fois, là c’était sérieux et je le savais et j’avais le goût. Je me sentais à l’aise pour laisser la Fondation entre de bonnes mains et pour venir en politique. Je suis contente d’avoir fait le choix.

 

L.C.P. : Quelle est l’influence des médias sociaux dans votre vie politique? Vous semblez être assez active sur Twitter…

K.W. : Oui! Twitter, j’aime ça! Parce qu’on rencontre des gens - en anglais on dirait «like-minded people». J’ai découvert tellement de gens de tous âges, de toutes les régions du Québec que je n’aurais jamais pu rencontrer par ailleurs. Il y a aussi un défi linguistique que j’adore. C’est amusant de pouvoir rentrer un message en 140 caractères. Je m’intéresse à beaucoup de choses : la politique américaine, ce qui se passe en Europe, à l’international. On a accès à beaucoup d’information. C’est une fenêtre sur le monde. Mais je pense qu’il faut faire attention. En bon québécois, il faut doser. Toujours rester poli et respectueux. Je pense que les politiciens, généralement, on est correct là-dessus.

 

L.C.P. : Quelles sont les qualités d’un bon politicien?

K.W. : Quelqu’un qui est très curieux, à l’écoute, travaillant et qui a un grand sens du bien commun.    

-30-

Demande d'inscription

Inscription

Demande d'information pour abonnement

S'informer sur l'abonnement